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Synchronicité humanitaro-familiale (Partie I)

Synchronicité humanitaro-familiale (Partie I)

Publié le 30/10/2017 à 13:45 par picverglob Tags : krajina glina serbes bihac croatie ong boris synchronicité zagreb

Voici, en exergue à ce nouveau petit récit évoquant un cas réel de synchronicité, un extrait de texte relatant une étape ultime de la guerre serbo-croate ayant suivi la déclaration d’indépendance de la République de CROATIE :
….
En début de juillet 1995, F. Tudjman (NDLR : Président Croate) considéra qu’une attaque-éclair de la Krajina ne soulèverait pas de réactions défavorables, car elle soulagerait le siège de Bihac. Le calcul était juste, mais il fallait agir très vite, avant que Bihac ne tombe. Le 4 août 1995, il engagea 200 000 hommes dans l’opération Oluja (Tempête). Le lendemain ,les Croates pénétraient dans Knin, la ville-bastion des Serbes. La prise de la Krajina fut si rapide qu’il n’y eut pratiquement aucun combat. Les Croates laissèrent délibérément deux passages ouverts entre la Krajina et la Bosnie pour permettre l’exode massif des Serbes, et éviter la formation de poches de résistance.
Trois ans plus tard, le 15 janvier 1998, le mandat de l’ONU expirait sur cette zone . Les soldats de l’ONU furent remplacés par les soldats et l’administration croates. La Croatie avait alors récupéré l’intégrité de son territoire.

….
(Source : http://www.contreculture.org/ in Marcus Tanner - Yale University Press - 1997)

Commentaires liminaires :
Passons vite sur l’anomalie qui consiste à écrire qu’en un mois (et juste après l’élaboration du “Plan Allbright”) l’état-major croate avait réussi le tour de force de réunir et équiper une armée de 200.000 hommes (avec tanks et canons…) sans l’aide des USA, en vue de récupérer la province de Krajina…
Considérons aussi comme “vérité historique (… écrite en 1997 !)” le fait que, “dès le 15/01/1998, les soldats de l’ONU furent remplacés par les soldats et l’administration croates” et même si, en février de la même année, soldats britanniques et canadiens continuaient d’escorter les véhicules des ONG européennes intervenant tout le long de la frontière bosno-croate pour porter assistance, notamment, aux familles serbes qui se refusaient à quitter leurs maisons (désormais situées en “territoire croate libéré”)…
Et admettons enfin que les “gentils libérateurs” croates d’alors avaient aimablement ouvert deux passages pour permettre l’exode des “méchants occupants” serbes dont, souvent, des personnes âgées attachées depuis des générations à leurs petites fermettes ou élevages…

Ainsi, en ce début de 1998, un ami de longue date avec lequel j’avais déjà “bourlingué” de droite et de gauche au cours de différentes “missions humanitaires” - et notamment en ex-Bosnie-Herzégovine -, me fit savoir son besoin de disposer de quelques mains et bras en vue de porter secours, pour le compte et au nom de l’OSCE, à des fermiers (essentiellement serbes) installés en KRAJINA. Ceux-ci m’expliqua-t-il, relativement âgés pour la plupart, étaient quasi-quotidiennement “poussés” à l’abandon de leurs terres par des bandes de miliciens opérant de préférence la nuit mais, fortement enracinés dans cette province depuis plusieurs générations, tentaient de résister pacifiquement (souvent au péril de leur vie…) au motif qu’ils ne disposaient, nulle part, de lieu où aller se réfugier.

Le présent récit se situe donc dans ce décor merveilleux de la province de KRAJINA et plus précisément aux alentours de GLINA, petite ville croate ayant rang de “municipalité”, laquelle regroupe près de 69 petites localités qui comptaient (en 2001) environ 10.000 habitants (dont 71.0% de Croates et 29.0% de Serbes)
Les mots de “décor merveilleux” sont sciemment employés : imaginez-vous des forêts et garrigues provençales partout traversées de petits sentiers caillouteux au bord desquels poussent thym, romarin et lauriers. Par contre, point de “cigales” ni de “criquets” (il est vrai que nous ne sommes qu’en février) et encore moins de “mas” aux abords desquels paîtraient des brebis…
Partout, une odeur âcre de fumée et, en guise de clôtures, des milliers de piquets de fer reliés entre eux par des kilomètres de ruban plastique bi-colore (blanc et rouge) sur lequel on peut lire “ACHTUNG MINEN” et “ATTENTION MINES”…

Partis de LYON un samedi matin, la petite équipe de logisticiens que j’amenai avec moi (dont mon fils aîné Sébastien, alors étudiant à LYON I) avait rejoint le soir même à Zagreb des “permanents” de l’ONG qui allaient, grâce à elle, pouvoir bénéficier de quelques jours de repos.
Le lendemain, soit donc le dimanche, nous fûmes rapidement à pied d’oeuvre pour le briefing de début de mission : consignes, plannings, trajets, affectation des utilitaires Toyota 4×4… Tout avait été programmé d’avance, dont et y compris les fréquences radio FM à l’aide desquelles chaque véhicule marqué du drapeau européen (et du sigle de l’OSCE) devait, tout au long des journées qui allaient suivre, communiquer à l’aide d’un indicatif personnalisé (Fox 1, Fox 2, etc…) avec les forces canadiennes ou britanniques chargées de la “protection” des ONG, au cas où…
Tout avait été programmé, dis-je, sauf la distribution de… mouchoirs jetables : dans ce type de contrées qui sortent d’un conflit armé, il ne faut surtout jamais oublier d’emporter avec soi trois ou quatre petits paquets de “mouchoirs jetables” ! Ceux-ci sont l’indispensable accessoire…

Levé le lundi aux aurores, chacun se prépara à partir avec sa liste de “colis” à distribuer ; dans ces “colis” étaient incluses des “bûchettes de bois” (reconstitué), des allumettes, des bougies et, parfois, des bouteilles d’eau minérale. Les quantités individuelles avaient été fixées à 100 bûchettes + 10 boîtes d’allumettes + 100 bougies, soit donc le double pour un couple et, pour les équipes qui, plus rapides que les autres, se verraient à cours de marchandises, quelques semi-remorques, -placés sous bonne garde de blindés britanniques supposés avoir ré-intégré les casernes de Sa Gracieuse Majesté depuis janvier 1998-, avaient été disposés au croisement de certaines routes irriguant la “municipalité” de Glina.

Anecdotiquement, il me souvient qu’au moment où Sébastien fut prêt à quitter le PC de l’ONG, je ne pus m’empêcher d’afficher une réelle angoisse. Quelques banalités sortirent même de ma bouche :
- Sois prudent, fiston, et… Mets quand même un cache-nez, il ne fait pas très chaud…
- Et dis bien “bonjour” et “au-revoir” aux dames et messieurs que tu vas secourir, ajouta derrière moi le chef de mission, grand sourire aux lèvres…

De mon côté, je faisais alors équipe avec Boris T., même âge que moi et vétéran des guerres balkaniques, ancien sous-officier radio dans la marine yougoslave, parfaitement bilingue anglo-serbo-croate et soldat démobilisé de l’armée croate, juste à l’issue de l’opération Tempête.
Jadis, m’avait-il expliqué, il vivait à Zagreb avec sa famille ; tous maintenant avaient quitté la capitale pour Glina : les ONG européennes fournissaient travail, salaire, essence et, parfois, quelques petits “à-côtés” non négligeables grâce à la revente à des commerçants locaux, - sous le manteau, naturellement -, de petits stocks de marchandises malencontreusement… oubliées au fond des 4×4 !
Peu m’importait cependant ce que faisaient serbes, croates ou bosniaques des marchandises que leur apportaient en abondance les institutions européennes ; dans nos villes françaises bien proprettes et débordant d’excédents de toutes sortes, que sont des bûchettes de bois, des bougies, des allumettes ou même de l’eau minérale ?
A l’abri donc dans notre 4×4, cible de tous les regards des populations que nous croisions, Boris et moi parlions ainsi de tout et de rien ; lui de cette situation, en Croatie, de mi-guerre et mi-paix dont il était las et moi de mon travail en France dont l’utilité, parfois, m’échappait. De temps en temps, nous nous arrêtions à l’entrée d’un village : lui pour se renseigner, me disait-il, sur la situation de tel ou tel milicien que la police croate faisait mine de rechercher pour violences ou crimes commis contre des Serbes (voire des Serbo-Croates) et moi, simplement, pour prendre quelques photos de ces villages de KRAJINA où les incendies d’après-guerre paraissaient avoir fait plus de dégâts que les chars serbes ou les canons croates d’avant 1995 !
Plus tard (en 2002), j’apprendrai ainsi par Boris lui-même que, chaque fois que nous nous arrêtions dans l’un de ces villages, il renseignait en fait ses compatriotes des lieux où se trouvaient les patrouilles des soldats de l’ONU (ou les policiers croates) et quelles personnes étaient en fait “recherchées”. En même temps, m’affirma-t-il, il négociait pour moi l’autorisation de prendre quelques clichés des “zones nettoyées” de présence serbe par les miliciens croates.
Boris T., soldat croate devenu salarié d’une ONG française n’était donc pas “traître à la cause” mais savait jouer habilement du … foutoir ambiant !

Plus de cinq heures après notre départ de Glina et notre 4×4 étant pratiquement vide, Boris soudain me proposa de nous détourner de notre tournée. Interloqué, je ne sus d’abord que répondre… Je crois même, sans véritable certitude, que je me mis à balbutier, et dans la langue de sieur Shakespeare en plus :
- Je ne vois pas d’inconvénient à ce… détour… ce détournement mais… les Anglais, les autres,… qu’est-ce que tu leur dis ?
- Si tu dis rien, personne ne saura et pour la radio, tranche Boris, on dira qu’on était dans une zone où rien ne passait, c’est courant dans le coin…
- Bon, eh bien… Pourquoi pas… ? Mais tu es sûr de ton coup ? Pas de mauvaise surprise à attendre de tes potes miliciens ?
- Aucune mauvaise surprise, trancha Boris en me souriant, “We’re going in visist by very good friends who are neither serbian nor croatian” (“Nous allons rendre visite à de très bons amis qui ne sont ni serbes ni croates”)
- Il y en a encore des gens, ici, qui sont autre chose que serbes ou croates, avançai-je ? Vous les avez pas fait tous déguerpir au lance-flammes ?
- Pas ceux-là, ils sont trop sympas, répondit Boris, mais attention quand même : tu es français mais tu détestes les Serbes, surtout ceux qui vivaient en Bosnie…
- Et pourrais-je savoir pourquoi ?
- Mes amis te l’apprendront, termina Boris.
En fait de détour, cependant, ce fut de presque trente kilomètres que nous nous écartâmes de notre parcours puis, aux environs de 13 heures, arrivâmes devant une petite maison isolée en campagne, sans vis-à-vis et sans voisinage. Une clôture de bois entourait cette dernière, délimitant un jardinet, et un petit portail ouvrant sur une courte allée herbeuse et mal entretenue donnait immédiatement accès à l’habitation.
- Je prépare les colis, dis-je à Boris, avant de descendre du 4×4 ?
- Non, on verra plus tard, répondit celui-ci.
Alors à un mètre à peine du portillon de bois, un immense chien de race berger allemand nous fit face, ce qui eut pour effet de me faire faire un bond en arrière de deux ou trois mètres. La vision des crocs de cette bête, babines retroussées, me figea littéralement :
- Hé, ho, Boris, m’enhardis-je, t’es sûr que ce monstre est copain avec toi ?
- N’aie donc pas peur, m’envoya-t-il en réponse, si tu touches pas le portail, tu n’as rien à craindre.
Tout juste rassuré, je me gardai donc bien d’éviter tout contact avec le dit portail et Boris et moi attendîmes ainsi que s’ouvre la porte de la maison…
Cette attente qui, pour moi, dura plusieurs minutes se termina enfin. En mon for, je commençais à maudire ma faiblesse vis-à-vis de Boris et je m’imaginais déjà, au debriefing de fin de journée, en train de justifier au chef de mission les raisons, plus que oiseuses, que nous allions lui servir pour expliquer notre long silence radio.
En attendant ce moment que j’entrevoyais pénible, un petit personnage maigrelet et mal fagoté ayant déjà, pour moi, bien atteint la soixantaine, était apparu sur le petit perron de la maisonnette,… fusil d’assaut entre les mains.
- Chien de guerre, fusil de guerre… Tu me jures, Boris, qu’il n’y a pas de mines entre le portail et la maison, m’entendis-je maugréer ?
- Derrière peut-être, mais pas devant, j’en suis certain, m’affirma Boris en souriant !

Après être descendu de son perron et s’être saisi d’une chaîne pour attacher son chien à un arbre,- mais gardant toujours son fusil d’assaut sous son bras gauche -, l’apprenti Rambo se fendit d’un grand sourire. J’eus alors le triste privilège de constater que la personne qui nous accueillit avait une préférence certaine pour la possession d’armes à feu que pour la réfection de sa… dentition !
- Boris, mio amico, noi te aspettiamo più ! (Boris, mon ami, nous te t’attendions plus !)
- Il parle seulement l’italien, me précisa Boris à ce moment et en anglais.
- C’est bien ce que j’ai cru comprendre, lui répondis-je dans la même langue…
Et nous deux ainsi, moi gardant quand même un oeil sur le chien attaché à son arbre, de nous approcher main droite en avant pour saluer notre hôte.
A peine le temps de lancer un “hello” amical pour accompagner notre geste et apparut à son tour, au seuil de la petite maison, une petite dame à qui je donnai aussitôt un âge se situant entre 50 et 55 ans.
Celle-ci présentait un beau visage légèrement émacié tout entouré d’une longue chevelure brune ; ses yeux, d’un noir prononcé, me firent immédiatement songer à ceux de Mélina Merkouri, laquelle ne fait pourtant pas partie de mes connaissances… Peut-être était-ce alors le fait de la relative proximité existant entre la Croatie et la Grèce…
Cette fois pourtant, je n’entendis nul salut qui aurait pu nous être adressé.
Me fixant, la femme eut soudain ses yeux emplis de larmes…
Boris, moi et son ami italien demeurâmes interloqués ; tous trois regardions cette femme qui, en un instant,venait de passer de la joie de recevoir des amis chez elle à la tristesse la plus grande.
Après quelques secondes, celle-ci ouvrit la bouche, s’exprimant aussi en italien et s’adressant à ma personne :
- Roger, sei infine venuto a cercarmi, tu asso infine me trovata (Roger, tu es enfin venu me chercher, tu m’as enfin trouvée)
Et là, grand étonnement, non seulement pour moi mais pour les trois hommes que nous étions…
Toute surprise mise à part, je pensai aussi au maître de maison et à son fusil d’assaut. Le détenteur de cette arme avait beau être tout petit de par sa taille, le fait qu’il ait cette dernière en main (et bizarrement orientée en ma direction) ne me convenait vraiment pas.
- Boris, dis-je en anglais et le plus calmement possible, c’est quoi cette embrouille ? Vous avez décidé de vous faire un humanitaire ?
- Mon ami, me répondit-il, je n’y suis pour rien ? Qui est ce Roger ?
Et la femme d’enchaîner, sans doute après avoir entendu Boris prononcer le prénom de “Roger”, en s’adressant à nouveau à moi :
- Roger, ti non ricordi ? Sono Helena…Il ristorante dove venivi sempre a Milano… (Roger, tu ne te souviens pas ? Je suis Héléna… Le restaurant où tu venais toujours à Milan…)
Cette fois, ça y était ! Je venais de comprendre l’immense confusion, totalement inattendue et parfaitement improbable, tout au moins en considérant les simples lois de la statistique : l’Héléna qui me faisait face venait de voir en moi une personne qui lui avait été chère, qu’elle avait connue à Milan et cette personne était en fait… mon propre frère Roger !
- Boris, dis-je alors, demande à nos hôtes de nous faire entrer chez eux : il faut que j’en sache plus sur cette femme.

à suivre

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